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VivelEmpereur67

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Passion musique militaire. Le chant du départ, surnommé "le frère de la Marseillaise".

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Création : 23/12/2008 à 11:22 Mise à jour : 03/05/2012 à 13:39

Blog de Vive l'Empereur 67

Je dédie ce blog à ma passion pour l'Époque Napoléonienne et pour l'un des plus grands hommes de l'Histoire : Napoléon Ier Empereur des Français.

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Salut à toutes et à tous.

Je m'appelle Kévin Bauer, je suis un jeune étudiant (à la faculté de droit de Sarreguemines) alsacien de 18 ans et un passionné de Napoléon Bonaparte (1769-1821) et de l'époque du Consulat et de l'Empire.Je suis aussi membre de l'association du Souvenir Napoléonien, société française d'histoire napoléonienne qui a pour but d'étudier et de faire connaître ce qui, depuis la Révolution française, concerne l'histoire du Premier et du Second Empire, et de la Famille impériale.L'association fait ainsi mieux connaître les institutions, les lieux, les événements et les personnes qui y ont participé.

Objet dès son vivant d'une légende noire comme d'une légende dorée, Napoléon a acquis une notoriété aujourd'hui universelle pour son génie militaire (victoires d'Arcole, Rivoli, Pyramides, Marengo, Austerlitz, Iéna, Friedland, Wagram, La Moskova) et politique, mais aussi pour son régime autoritaire, et pour ses incessantes campagnes (voulues ou non) coûteuses en vies humaines, soldées par de lourdes défaites finales en Espagne, en Russie et à Waterloo, et par sa mort en exil à Sainte-Hélène sous la garde des Anglais.
Napoléon appartient à l'imaginaire de l'humanité. "Un Corse la finira", pouvait-on lire dans les mots "Révolution Française". Ce Corse, ce français, cet Européen a marqué de son empreinte indélébile la Terre des hommes. Oscar Wilde affirmait que "le dix-neuvième siècle, on le sait, est en grande partie issu du cerveau de Napoléon".

Aujourd'hui encore, il ne laisse personne indifférent. Dieu ou imposteur, ogre ou sauveur, Prométhée ou despote, Attila ou César, nouvel Alexandre ou précurseur de Hitler, racisme en moins, responsable de l'irréversible déclin français ou sommet de la gloire nationale, homme des lumières et conquérant, dynaste et Robespierre botté, stabilisateur de la Révolution et créateur de la France centralisée, stratège génial aux défaites gigantesques, Napoléon Bonaparte, ce vaincu d'un tour d'Europe à pied, demeure le héros de la plus grande épopée des temps modernes...
Napoléon fut celui qui sauva la France en sachant terminer la Révolution et éviter à notre pays l’'anarchie ou le retour de la royauté absolue.

Toute une tradition romantique fait précocement de Napoléon l'archétype du grand homme appelé à bouleverser le monde. C'est ainsi que le comte de Las Cases, auteur du célèbre Mémorial de Sainte-Hélène tenta de présenter Napoléon au parlement britannique dans une pétition rédigée en 1818.Élie Faure, dans son ouvrage Napoléon, qui a inspiré Abel Gance, le compare à un "prophète des temps modernes".D'autres auteurs, tel Victor Hugo, font du vaincu de Sainte-Hélène le "Prométhée moderne".L'ombre de "Napoléon le Grand" plane sur de nombreux ouvrages de Balzac, Stendhal, Musset, mais aussi de Dostoïevski, de Tolstoï et de bien d'autres encore.

"Vivant il avait manqué le monde. Mort il le conquiert." (Chateaubriand)

"Retomber de Bonaparte et de l'Empire à ce qui les a suivis, c'est retomber de la réalité dans le néant, du sommet d'une montagne dans un gouffre" (Chateaubriand)

"Sa vie a brillé d'une splendeur que le monde n'avait pas vue avant lui et que sans doute on ne reverra pas" (Goethe)

"Napoléon grandira à mesure qu'on le connaîtra mieux." (Goethe)

"L'Européen parfait, le Héros situé au-delà du bien et du mal" (Nietzsche)

"La plus belle manifestation de la volonté humaine" (Schopenhauer)

Ce blog va retracer la vie de ce grand homme ainsi que son empire.Je vous invite tous à écrire des commentaires.

Bonne visite !


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#Posté le mardi 17 mai 2011 12:59

Modifié le samedi 28 avril 2012 03:34

Sites Napoléoniens

Sites Napoléoniens

Voici quelques sites de passionnés, d'associations napoléoniennes, de jeux en ligne en rapport avec les guerres napoléoniennes, des sites de livres napoléoniens et de revues, un site sur toute l'actualité du livre napoléonien et enfin des boutiques en ligne.

Site Napoléon Ier
L'Estafette
Carré Impérial
Napocinépedia
Histoire du Consulat et de l'Empire
Napoléon et Empire
Napoléon prisonnier
L'autre Sainte-Hélène
l'Empereur perdu
Les Polonais sous l'Empire
La défaite oubliée
Collection de Sabres et Epées des Guerres Napoléoniennes
L'aigle conquérant
1814 autour de Montmirail
L'Empire par ses monuments
Empire 1804

Site Napoléon II, l'Aiglon
Napoléon III dernier souverain de France
Second Empire

Fondation Napoléon
Souvenir Napoléonien
Vosges Napoléoniennes
Institut Napoléon
Les Amis du Patrimoine Napoléonien
L'Académie Napoléon
Société Napoléonienne Internationale
Institut Napoléonien Mexique-France
Association Belge Napoléonienne
La Fédération Européenne des Cités Napoléoniennes

France Bonapartiste

Les derniers soldats de l'Empire
Les médaillés de Saint-Hélène
Les hommes de Napoléon

Notes de musées
Musées nationaux napoléoniens

Campagne-de-Russie
Premier-Empire

Site de André Jouineau
Les uniformes pendant la campagne des Cent-Jours
Bibliothèque Empire
Bernard Giovanangeli Editeur
Le Livre chez vous
Napoléon 1er, le magazine du Consulat et de l'Empire
Napoléon III, le magazine du Second Empire

Napoléon and glory
Boutique Napoléon
Napoléon-Souvenirs
Tee-shirt Napoléon


Sites Napoléoniens
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#Posté le dimanche 15 mai 2011 06:39

Modifié le lundi 12 mars 2012 00:45

Citations de Napoléon

Citations de NapoléonCitations de Napoléon

"Celui qui gouverne doit avoir de l'énergie sans fanatisme, des principes sans démagogie et de la sévérité sans cruauté."

"Les hommes de génie sont des météores déstinés à brûler pour éclairer leur siècle."

"L'art d'être tantôt très audacieux et tantôt très prudent est l'art de réussir."

"Tout pour le peuple français."

"Je ne tiens pas la couronne de mes père mais de la volonté de la nation qui me l'a donné."

"Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit: à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit."

"L'histoire est une suite de mensonges sur lesquels on est d'accord."

"L'art le plus difficile n'est pas de choisir les hommes mais de donner aux hommes qu'on a choisis toute la valeur qu'ils peuvent avoir."

"N'affrontez pas trop souvent le même ennemi, vous pourriez lui enseigner votre art de la guerre."

"Il n'est au pouvoir de personne d'arrêter ma marche, ce serait vouloir arrêter le destin."

"Mon pouvoir tient à ma gloire et ma gloire aux nombres de victoires que j'ai remporté."

"Mourir n'est rien, mais vivre vaincu et sans gloire, c'est mourir tous les jours."

"N'interrompez jamais un ennemi qui est en train de faire une erreur."

"Si vos hommes vous craignent, ils se battront pour vous. Mais s'ils vous aiment, ils mourront pour vous !"

"En amour comme à la guerre, pour en finir, il faut se voir de près. "

"Vaincre n'est rien, il faut profiter du succès."

"Une belle femme plait aux yeux, une bonne femme plait au coeur ; l'une est un bijou l'autre un trésor."

"La femme est notre propriété, nous ne sommes pas la sienne ; car elle nous donne des enfants, et l'homme ne lui en donne pas."

‎"Les impôts ne sont que de l'argent prêté ; ils viennent du peuple, il faut qu'ils retournent au peuple."

"L'intelligence a ses droits avant ceux de la force; la force elle-même n'est rien sans l'intelligence. Dans les temps héroïques, le général, c'était l'homme le plus fort; dans les temps civilisés, le général, c'est le plus intelligent des braves."

"Tous nos philosophes modernes, nos sages en discours, nos prétendus républicains ont tonné sur les conquérants; c'est, cependant, par la conquête qu'on a rendu et qu'on rendra la liberté aux nations."

"En politique, une absurdité n'est pas un obstacle."

"Donner convenablement, c'est honorer. Donner beaucoup, c'est corrompre."

"L'homme ne marque dans la vie qu'en dominant le caractère que lui a donné la nature, ou en s'en créant un par l'éducation et sachant le modifier suivant les obstacles qu'il rencontre."

"Jamais les assemblées n'ont réuni prudence et énergie, sagesse et vigueur."

"Il y a remède à tout avec du courage, de la patience et du sang-froid."

"Notre ridicule défaut national est de ne pas avoir de plus grands ennemis de nos succès et de notre gloire que nous-mêmes."

‎"Il est dans le caractère français d'exagérer, de se plaindre et de tout défigurer quand on est mécontent."

"La sévérité prévient plus de fautes qu'elle ne réprime."

"Moi, mes amis, j'ai une bonne place, je suis empereur. Je pourrais vivre dans les délices de la capitale. Eh bien, je fais la guerre pour la gloire de la France, je suis au milieu de vous au bivouac et dans les combats; je puis être, tout comme vous, atteint par une balle...je me mets au-dessous de mon état."

"Le gouvernement d'un pays qui ne fait que sortir d'une révolution qui est menacé par les ennemis du dehors et troublé par les intrigues des traitres à l'intérieur, doit nécessairement être dur."

‎"Sans armée, sans force et sans discipline, il n'est ni indépendance politique ni liberté civile"

"L'Assemblée constituante a été bien sotte d'abolir la noblesse, ce qui a humilié tout le monde. Moi, je fais mieux: j'anoblis tous les Français, chacun peut être fier."

"Je suis l'instrument du destin, celui-ci se servira de moi aussi longtemps que j'accomplirais son dessin.Puis il me brisera comme du verre."

"Une puissance supérieure me pousse à un but que j'ignore; tant qu'il ne sera pas atteint je serai invulnérable, inébranlable; dès que je ne lui serai plus nécessaire, une mouche suffira pour me renverser."

"L'homme supérieur est impassible: on le blâme, on le loue, il va toujours."

"L’art de la guerre consiste, avec une armée inférieure, à avoir toujours plus de force que son ennemi sur le point qu’on attaque ou sur le point qui est attaqué, mais cet art ne s’apprend ni dans les livres ni par l’habitude."

"Bien qu'on m'ait salué, en leur nom, de moderne Attila, de Robespierre à cheval, tous savent mieux dans le fond de leur c½ur que, si je l'avais été, je règnerais encore peut-être ; mais eux, bien sûrement et depuis longtemps, ils ne régneraient plus." (à propos de ses ennemis : l'empereur d'Autriche François Ier, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III et le Tsar de Russie Alexandre Ier).

"C'est l'indécision et l'anarchie dans les moteurs qui amènent l'anarchie et la faiblesse dans les résultats."

"Pour électriser les peuples, il faut d'abord parler à leurs yeux."

"Je n'ai jamais fait de conquêtes qu'en me défendant.L'Europe n'a jamais cessé de combattre la France à cause de ses principes.J'étais forcé d'abattre sous peine d'être abattu."

"Si Jésus-Christ n'était pas mort sur la croix, il ne serait plus Dieu."

"Si les crimes et les délits augmentent, c'est une preuve que la misère s'accroît, que la société est mal gouvernée. Leur diminution est la preuve du contraire."

"Tous les hommes sont égaux devant Dieu; la sagesse, les talents et les vertus mettent seuls de la différence entre eux."

"Tout homme qui estime la vie plus que la gloire nationale et l'estime de ses camarades ne doit pas faire partie de l'armée française."

"Une bonne idée ne se lie pas toujours à un bon jugement, mais un jugement suppose toujours de bonnes idées."

"Le meilleur moyen de tenir sa parole est de ne jamais la donner."

"Les hommes ne sont vraiment grands que pour ce qu'ils laissent d'institutions après eux."

"Les hommes qui ont changé l'univers n'y sont jamais parvenus en gagnant des chefs; mais toujours en remuant des masses."

"Une société sans religion est comme un vaisseau sans boussole."

"La force d'une armée, comme la quantité de mouvement en mécanique, s'évalue par la masse multipliée par la vitesse."

"Dans les révolutions, il y a deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent."

"La Révolution a été la vraie cause de la régénération de nos m½urs, comme les plus sales fumiers provoquent la plus noble végétation."

"Du sublime au ridicule, il n'y a qu'un pas."

"Le canon a tué la féodalité ; l'encre tuera la société moderne."

"Un homme combattra plus pour ses intérêts que pour ses droits."

"Il faut sauver les peuples malgré eux."

"Le peuple est le même partout. Quand on dore ses fers, il ne hait pas la servitude."

‎"Ce n'est pas en cajolant les peuples qu'on les gagne."

"La bonne politique est de faire croire aux peuples qu'ils sont libres."

"Avec de l'audace, on peut tout entreprendre, on ne peut pas tout faire."

‎"J'ai un coeur, mais c'est un coeur de souverain; je ne m'apitoie pas sur les larmes d'une duchesse, mais je suis touché des maux des peuples."

"Cinquante hommes réunis dans un temps de crise pour faire une constitution, n'ont pas le droit d'aliéner les droits du peuple; sa souveraineté est inaliénable."

‎"La souveraineté réside dans le peuple Français, dans ce sens que tout, tout sans exeption, doit être fait pour son intérêt, pour son bonheur et pour sa gloire."
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#Posté le dimanche 01 février 2009 03:43

Modifié le dimanche 29 avril 2012 12:04

Portrait intime de l'Empereur

Portrait intime de l'EmpereurPortrait intime de l'EmpereurPortrait intime de l'EmpereurPortrait intime de l'Empereur

La prodigieuse carrière de Napoléon s'explique avant tout par une personnalité hors du commun.Selon les mots de Schopenhauer, "il est la plus belle manifestation de la volonté humaine".En 1804, l'Empereur à 35 ans, mais déjà, il en a vécu le double et son caractère s'est fortifié à l'épreuve des évènements.Son attention est toujours en éveil, la résistance de ses nerfs incroyable, ses réflexes foudroyants et sa capacité de travail illimitée.

Petit et court sur jambe, il mesure 1,68 m, taille bien modeste par rapport à notre moyenne actuelle, mais supérieure à celle de l'époque.Assez musclé et encore sec, son corps est endurant et résistant.Son teint olivatre s'est éclairci, ses cheveux chatains commencent à clairsemer.Tout le monde est frappé par son regard : de grands yeux gris bleu qui peignent d'une manière incroyable les diverses émotions dont il est agité : tantot doux et caressants, tantot sévères et durs.Constant, le valet de chambre de Napoléon, écrit à ce sujet : "l'Empereur a une physionomie pour chacune des pensées qui agitent son ame".La régularité de ses traits prend dans le travail une expression de sévérité imposante, mais dans l'intimité, il sait retrouver le sourire.Sa bouche est belle, les lèvres égales et un peu serrées, particulièrement dans la mauvaise humeur.Ses dents sont très blanches et très bonnes ; jamais il ne s'en est plaint.Sa tête est très forte et fragile ; aussi Constant fait ouater ses chapeaux, et prend soin de les porter quelques jours dans sa chambre pour les briser.De même, il fait porter ses bottes et ses souliers par un garçon de garde-robe, qui a exactement le même pied que Napoléon, car ce dernier a les pieds fort sensibles.Ses mains sont toujours très bien soignées, même s'il se ronge souvent les ongles.

Il a pris l'habitude de glisser sa main droite dans son gilet.Beaucoup d'auteurs on cru y déceler les effets de ses maux d'estomac.D'autres n'ont pas manqué de faire remarquer qu'il avait été élevé à l'école de Brienne et à l'Ecole militaire de Paris, où on lui avait appris tout simplement à bien se tenir.Outre le fait de glisser la main dans son gilet, il avait d'autres "manies", taillader son fauteuil avec un canif, ou s'appuyer sur le bras de son interlocuteur en marchant.Il ne fumait pas mais prisait abondamment : pour la seule année 1808, on lui fit apporter 42 kilos de tabac !

En campagne il voyageait le plus souvent dans la berline impériale, aménagée pour travailler, avec tiroirs et compartiments. Si un livre lui déplaisait pendant le trajet, il le jetait par la fenêtre. L'escorte de la berline était composée de 24 chasseurs. Lorsqu'un besoin urgent le prenait, il faisait un signe de la main et le cortège s'arrêtait. Il descendait de la voiture. Les chasseurs formaient un carré en lui tournant le dos et l'Empereur pouvait se soulager loin des regards indiscrets.

L'Empereur ne boit que du vin de Chambertin, mais rarement pur et guère plus d'une demi-bouteille par jour.Le plat qu'il aime le plus est le "poulet Marengo" (poulet accommodé à l'huile et aux oignons).Il mange aussi volontiers des cotelettes, de la poitrine de mouton grillée ainsi que les haricots, les lentilles, la pomme de terre arrangée de toutes les façons lui plaisait beaucoup, même cuite à l'eau ou sous la cendre et il adore le pain.L'habitude de prendre ses repas précipitamment lui cause parfois de violents maux d'estomac qui se terminent souvent par des vomissements.Les repas étaient expédiés en un quart d'heure. Au-delà, il appelait ça la "corruption du pouvoir". A la fin des repas, après avoir saucé les plats, il s'essuyait les mains avec la nappe.

Plus tard, il engraissa beaucoup, mais sans rien perdre de son charme ; au contraire, au dire de Constant, "il était mieux sous l'Empire que sous le Consulat ; sa peau était devenue très blanche, et son teint animé".Napoléon éprouve une véritable passion pour la propreté.Dés son réveil il prend un bain, même si il en a déjà pris un au milieu de la nuit, puis il se fait énergiquement frictionner à l'eau de Cologne.Il se rase lui-même, se nettoie ensuite les dents avec une brosse trempée dans un opiat d'une composition spéciale et enfin se fait habiller par son valet de chambre.En ce qui concerne le vêtement, il est resté sobre et aime à rappeler ses modestes origines, notamment lorsqu'il se trouve en présence de rois et de reines.Napoléon s'habille donc simplement sans ornements, presque avec négligence.Il reste attaché à la redingote grise, à l'uniforme vert de colonel des chasseurs à cheval de la Garde ou l'uniforme blanc et bleu de colonel des grenadiers à pied de la Garde et au fameux chapeau de feutre noir à cocarde tricolore.Comme décorations, l'Empereur porte uniquement la légion d'Honneur accompagnée de la Couronne de fer.

La contrariété éveille en lui des colères mémorables même si elles sont souvent calculées.Mais il remarque lui-même "qu'il est même assez bon homme" ; et c'est plutot vrai, il se montre généreux et aimable pour ceux qui l'approchent de près.Cependant son égoisme monstrueux, son mépris total des hommes et des femmes...l'entrainent dans des réactions violentes de plus en plus insupportables.

Source: Napoléon Bonaparte, Dimitri Casali
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#Posté le samedi 28 mai 2011 03:23

Modifié le jeudi 09 juin 2011 01:36

Une journée de Napoléon dans son palais impérial des Tuileries

Une journée de Napoléon dans son palais impérial des TuileriesUne journée de Napoléon dans son palais impérial des TuileriesUne journée de Napoléon dans son palais impérial des TuileriesUne journée de Napoléon dans son palais impérial des TuileriesUne journée de Napoléon dans son palais impérial des Tuileries

"Je suis né et construit tout entier pour le travail...Je ne connais pas chez moi la limite du travail", confie Napoléon à Roederer.Et en effet, l'Empereur travaille sans limites, partout et n'importe où, et avec une méthode parfaite.Sa remarquable mémoire classe les faits, les idées et engrange les résultats de ce travail. "Les divers objets et les diverses affaires sont casés dans ma tête comme dans une armoire..."
Encore plus surprenante est la facilité avec laquelle il retrouve une affaire dont on lui parle soudain. "Quand je veux interrompre une affaire, je ferme un tiroir et j'ouvre celui-ci ou un autre.Entre toutes ces questions, jamais de mélange ; quand je dors, tous les tiroirs sont fermés." L'historien Taine disait qu'il avait trois atlas dans son cerveau : le premier composé de tous les rensignements militaires, le second de toute l'administration d'un pays, le troisième d'un dictionnaire biographique et moral.

Une journée de l'Empereur aux Tuileries commence tôt : il est dans son cabinet de travail dés 6 heures du matin.Il s'enferme avec son secrétaire, des ministres, des généraux, des conseillers d'Etat.Puis il prend un bain chaud pendant qu'on lui lit les journaux.Vers 9 heures, il accorde les premières audiences avant de déjeuner sur un guéridon d'acajou en moins de huit minutes.Vers 11 heures, il appelle les secrétaires qui se succèdent la plume à la main et avant même qu'ils aient pu s'asseoir, claquent ces mots : "Ecrivez !" Napoléon va dictant de l'un à l'autre ; à Ménéval l'ordre au ministre ; à Fain la réponse au maréchal ; à Mounier la minute d'un décret, à Albe l'article qui sera inséré demain matin dans le Moniteur ; à l'aide de camp de service, une instruction à porter d'urgence.Il dicte avec une grande rapidité et il n'est pas question de le faire répéter.Il hésite généralement sur le premier mot de la phrase, mais dés qu'il l'a trouvé, le reste lui vient d'un seul jet.
L'Empereur demeure dans son cabinet de travail généralement jusqu'à 18 heures, sauf l'après-midi où il y a Conseil d'Etat.Là, dans une grande pièce des Tuileries, la discussion commence et se poursuit souvent pendant des heures.Le jeune auditeur Témont raconte : "J'ai assisté à des séances présidées pendant sept heures consécutives par Napoléon...Le soin qu'il apportait à provoquer la contradiction produisait un entrainement égal à celui qu'il exerçait sur l'armée..."

A 18 heures, quelquefois beaucoup plus tard, il dine seul avec Joséphine, sauf le dimanche où la "famille" les rejoint.Ce repas ne dure jamais plus de vingt minutes.Le soir, il apparait un instant dans les salons du chateau.Bien vite, il retourne dans son cabinet de travail où l'attendent les affaires les plus sérieuses qu'il a réservées pour la soirée.En définitive, il se couche vers minuit.Pourtant deux ou trois heures après son premier sommeil, il se relève, vêtu d'une simple robe de chambre, et passe dans son bureau.Si une idée lui vient, il fait chercher son secrétaire, sinon il signe des pièces, paraphe des ordres et souvent annote les états des armées.Alors, dans le silence du palais endormi, il grave dans sa mémoire chacune des unités qui composent ses armées ; escadron par escadron, batteries par batteries, il compte ses soldats, il les suit sur les routes de l'Europe, il sait à point nommé leurs étapes : il apprend jusqu'à leurs noms.Enfin vers 5 heures, il se recouche pour une heure ou deux.

Dans l'exercice du pouvoir, Napoléon est le seul maitre, même s'il prend constamment conseil.Il a détesté l'inégalité civile, la féodalité, le fanatisme religieux et il voit dans le despotisme éclairé une manière de concilier l'autorité et les indispensables réformes ; il en est d'ailleurs un de ses derniers représentants.Son ambition est immense. "On dit que je suis ambitieux.Je ne le suis pas, mon ambition est si intimement unie à mon être qu'elle n'en peut être distinguée." Il y a cependant sous le costume d'Empereur plusieurs hommes.Du pauvre lieutenant sans le sou côtoyant les puissants, il lui est toujours resté comme une certaine jouissance à subjuguer ceux qui l'avaient méprisé.Il sait exploiter les hommes avec leurs vanités, leurs passions, leurs intérets et obtenir d'eux des actes impossibles en exaltant leur sens de l'honneur.Un jour, il avouera à Girardin : "L'avenir apprendra s'il n'eût pas mieux valu pour le repos de la terre, que ni Rousseau, ni moi n'eussions jamais existé."

Il y a aussi chez lui le "déraciné intégré" qui a totalement épousé le sentiment national et le "déclassé", ni tout à fait gentilhomme, ni tout à fait homme du peuple, ce qui lui permet de servir avant tout ses intérets propres.Napoléon demeure un homme du XVIIIème siècle, rationaliste et philosophe.Loin de se confier à l'intuition, c'est sur le raisonnement qu'il compte : "J'ai l'habitude de prévoir trois ou quatre mois d'avance ce que je dois faire et je calcule sur le pire." Pour lui le hasard ne fait rien réussir.Pourtant aux cotés de l'homme d'Etat rigoureux et rationnel, il y a le romantique à l'imagination démesurée, qui rêve de reculer les limites de la gloire.Toujours insatisfait du présent, il mobilise ses immenses capacités à la poursuite des mirages de son imagination. "La mort n'est rien, mais vivre vaincu et sans gloire, c'est mourir un peu tous les jours."

Source: Napoléon Bonaparte, Dimitri Casali
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#Posté le lundi 27 juin 2011 12:05

Modifié le samedi 31 mars 2012 05:32

Un stratège exceptionnel

Un stratège exceptionnelUn stratège exceptionnelUn stratège exceptionnelUn stratège exceptionnelUn stratège exceptionnelUn stratège exceptionnel

Napoléon et la guerre :

Aucun chef de guerre n'a remporté autant de victoires que Napoléon.La légende n'est sans doute pas loin de la vérité lorsqu'elle dit qu'il aurait livré davantage de batailles qu'Alexandre, Hannibal et César réunis.De Clausewitz, qui le tient pour un dieu de la guerre, au maréchal Foch, qui lui emprunte la théorie de l'offensive à outrance, tous les experts militaires s'accordent à reconnaitre le génie stratégique de l'Empereur.Tout aussi caractéristique est l'ampleur géographique de ses campagnes militaires.Des plaines de Russie au delta du Nil, elles couvrent des étendues immenses et diverses, et rompent avec les batailles circonscrites de l'Ancien Régime.

Mais, peut-on pour autant parler d'un système de guerre napoléonien ? En fait, il semble bien que non, car de manière générale Napoléon n'utilise pas de procédé technique qui lui est propre.Pour lui "le sort d'une bataille est le résultat d'un instant, d'une pensée ; on s'approche avec des combinaisons diverses, le moment décisif se présente, une étincelle morale se prononce...".Ainsi, le génie de Napoléon réside avant tout dans sa faculté de se plier aux circonstances.Dans cet "art simple et tout d'exécution", ainsi qu'il définit la guerre, l'Empereur juge rapidement de la situation, donne des ordres clairs et déploie une activité prodigieuse avant le déclenchement de la bataille.Il ne laisse rien au hasard et ses préparations sont aussi minutieuses que possible.Il passe des heures, assisté de son état-major à étudier les cartes.Parfois même, on le retrouve allongé sur toute la longueur de la carte à la recherche d'un détail précis.

Mais au-delà de la diversité des situations, un élément est constant : Napoléon mène toujours une guerre résolument offensive et impose sa volonté à ses adversaires.Ainsi, on peut résumer sa stratégie en trois règles : offensive à outrance, recherche de l'engagement et exploitation rapidement menée de la victoire.C'est une sorte de guerre éclair avant la lettre.Même s'il utilise un armement ancien datant de l'Ancien Régime, Napoléon renouvelle totalement la vision de la guerre.Son plan doit permettre d'obtenir un succès décisif qui décidera du sort de la campagne.

Toute sa stratégie repose sur l'articulation entre le dispositif de marche dispersé et le dispositif de bataille concentré, l'objectif étant d'être le plus fort à un point donné et à un moment précis.La concentration ainsi obtenue au moyen de déplacements de troupes très rapides contraste avec la lenteur des adversaires : c'est pourquoi on a pu dire que l'Empereur gagnait les batailles avec les jambes de ses soldats.Cependant toutes les idées de Napoléon ne sont pas neuves.Il a été beaucoup influencé, entre autres, par "l'Essai général de tactique" de Guibert qui, dés avant la Révolution prône les armées offensives et le principe divisionnaire.

Néanmoins, Napoléon va se heurter à des problèmes de communications insurmontables pour l'époque.Plus les espaces s'étendent, plus les problèmes de mobilité de ses énormes effectifs deviennent insolubles.En outre, l'hétérogénéité de ses troupes, de plus en plus multinationales, affecte la cohésion de sa Grande Armée.Enfin, Napoléon doit faire face à la guérilla, forme de guerre qu'il ignore totalement et à laquelle il ne trouve pas de solution.Certainement trop absorbé par son métier d'empereur, Napoléon n'est attentif ni aux progrès de ses rivaux, ni à la tactique défensive mise au point par Wellington pour le vaincre.Tous ces éléments vont peu à peu le conduire à la défaite finale.

Napoléon (action sur l'armée) :

Si la plupart des grands chefs abandonnent Napoléon aux jours des revers, les officiers des grades moins élevés et les soldats lui garderont toujours une inviolable fidélité.Nul ne sait comme lui parler au coeur de ses compagnons d'armes ; nul n'excite parmi eux plus d'enthousiasme et n'en obtient, jusqu'à la fin, plus de sacrifices.Il est pour eux comme le dieu vivant de la guerre, le génie impeccable et omniscient, dont la présence seule assure la victoire.Ses proclamations et ses bulletins de la Grande Armée passant, à juste titre, pour les plus parfaits modèles de l'éloquence militaire.Il sait distinguer les plus humbles pour leurs actions d'éclat, les décorant souvent sur le champ de bataille, détachant parfois sa propre croix ; ou bien il couvre de son manteau quelque blessé grelottant de fièvre, ou laisse dormir en face de lui, devant un poêle, quelque jeune tambour qu'il y trouve installé.Il se fait nommer les soldats à qui il veut parler, afin de les désigner tout de suite par leur nom ; ainsi ces derniers croient être personnellement connus de l'Empereur.Souvent il se plait à nommer officiers, après la victoire, de vieux sergents illéttrés, bientot retraités.Très soucieux d'entretenir le bon état moral de ses troupes, il n'a pas moins de soin de leur bien-être.Il parcourt les bivouacs, goûte la soupe, prodigue de petites tapes familières sur la joue ou pince l'oreille de ses hommes, de sorte qu'aucune fatigue, ni aucune blessure, ne semble avoir prise sur eux.

Ainsi cet instrument qu'est la Grande Armée n'obeit qu'à un seul homme, l'Empereur ; car lui seul donne l'impulsion à ce mécanisme si délicat et si complexe.Avec une activité extraordinaire il dirige tout, arrête l'organisation de l'armée et la remanie à chaque instant suivant les besoins ; il prévoit tout, donne des ordres pour réparer l'armement, surveille l'état des munitions, des subsistances, de la remonte, de l'habillement ; il s'occupe de l'instruction des cadres et de la troupe qui se poursuit dans les camps et pendant les marches ; il règle les mouvements des troupes, imaginant même de les faire transporter en poste, comme la Garde en 1809.Il contrôle par lui-même les effectifs, s'assure que le soldat reçoive ce qui lui est dû, s'enquiert de ses besoins et exerce sur lui une influence prodigieuse.En campagne, son activité redouble ; il dort peu ; il se tient au courant des mouvements de l'ennemi, reporte sur la carte la position de ses troupes et celle de ses adversaires, étudie la situation, calcule, se décide promptement et lance aussitôt ses ordres pour fondre sur l'ennemi, le surprendre et l'accabler.Son chef d'état-major, Berthier, est fort habitué à traduire sa pensée, et ses généraux, à s'exécuter promptement, tandis que la troupe lui manifeste une confiance illimitée.La Grande Armée, comme la France elle-même, est bien le reflet d'un homme qui rend la victoire, comme la défaite, extraordinaire.

Source:
-Napoléon Bonaparte, Dimitri Casali
-Dictionnaire de la Grande Armée d'Alain Pigeard.
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#Posté le dimanche 29 mai 2011 02:14

Modifié le dimanche 16 octobre 2011 05:09

Napoléon et sa famille

Napoléon et sa familleNapoléon et sa familleNapoléon et sa familleNapoléon et sa famille


Son père : Charles Bonaparte (1746-1785)

Sa mère : Létizia Ramolino (1750-1836)

Ses frères :
- Joseph (1768-1844), prince français, roi de Naples (1806-1808) puis roi d'Espagne (1808-1813)
- Lucien (1775-1840), prince français
- Louis (1778-1846), prince français, roi de Hollande (1806-1810)
- Jérôme (1784-1860),prince français, roi de Westphalie (1807-1813)

Ses soeurs :
- Élisa (1777-1820),princesse française,princesse de Piombino et de Lucques, puis grande-duchesse de Toscane.
- Pauline (1780-1825),princesse française, princesse Borghèse et duchesse de Guastalla
- Caroline (1782-1839),princesse française, grande-duchesse de Berg et reine de Naples.

Ses femmes :
- Joséphine de Beauharnais (1763-1814), impératrice (1804-1814), épouse de Napoléon (1796-1809)
- Marie Louise d'Autriche (1791-1847), impératrice (1809-1814); épouse de Napoléon (1809-1814)

Ses enfants :
- Napoléon François Joseph Charles Bonaparte (20 mars 1811, 22 juillet 1832), roi de Rome, duc de Reichstadt, connu également sous le nom de Napoléon II, bien qu'il n'ait jamais régné qu'en théorie 15 jours, entre la deuxième abdication de Napoléon et la Seconde Restauration.Le surnom de l'Aiglon lui vient de poèmes de Victor Hugo écrits en 1852.

Napoléon a également eu au moins deux enfants illégitimes, qui tous les deux ont eu des descendants :

- Charles, comte Léon (1806, 1881), fils de Catherine Éléonore Denuelle de la Plaigne (1787, 1868).
- Agnès Marie, qui deviendra cantatrice.
- Alexandre, comte Walewski, (4 mai 1810, 27 octobre 1868), fils de la comtesse Walewska (1789, 1817).

Et selon des sources plus contestées :

- Émilie Louise Marie Françoise Joséphine Pellapra, fille de Françoise-Marie Leroy.
- Karl Eugin von Mühlfeld, fils de Victoria Kraus.
- Jules Barthélemy-Saint-Hilaire (19 août 1805, 24 novembre 1895) dont la mère reste inconnue.
- Marie Caroline Julie Élisabeth Joséphine Napoléone de Montholon, fille de la comtesse Albine de Montholon (née à Sainte-Hélène le 26 janvier 1818, morte à Bruxelles le 30 septembre 1819).

Images : Joséphine de Beauharnais ; Marie Louise d'Autriche ; Napoléon II ; Joseph ; Lucien ; Louis ; Jerome ; Elisa ; Caroline ; Pauline ; Charles ; Létizia

Napoléon et sa famille

Napoléon Ier entouré des enfants de sa s½ur Caroline Murat, et de ceux de son frère, Louis Bonaparte, sur la terrasse du chateau de Saint-Cloud en 1810.
De gauche à droite, ce sont Letizia Murat (1802-1859), future marquise Pepoli ; Napoléon-Louis Bonaparte (1804-1832), sur ses genoux : Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873), futur Napoléon III ; Louise Murat (1805-1889), future comtesse Rasponi ; Achille Murat (1801-1847) ; Lucien Murat (1803-1878).
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#Posté le vendredi 26 décembre 2008 13:42

Modifié le mercredi 30 novembre 2011 23:55

Différences entre règne personnel et tyrannie

Différences entre règne personnel et tyrannie

Napoléon n'était sûrement pas un dictateur comme nous l'entendons aujourd'hui. Le régime impérial n'avait absolument rien à voir avec celui de 1793-1795 ou celui des régimes totalitaires du XXème siècles : Là oui c'était la dictature (Une tyrannie) avec les exécutions de ceux qui n'adhéraient pas au régime.
Si Napoléon avait été un tyran, c'est à dire un dictateur tel que nous le percevons à travers les dictateurs modernes, Augereau, Bernadotte, Brune et même Lannes ne seraient pas devenus maréchaux mais auraient été décapités.Moreau n'aurait pas eu la vie sauve, pas plus que des intellectuels comme Chateaubriand ou Mme de Staël, sans parler de Carnot et Benjamin Constant.
Napoléon n'était pas plus avide de sang ni plus indifférent envers l'humanité que César, Frederic II ou encore Louis Philippe.
D'ailleurs on compare généralement le régime Napoléonien au régime "Césarien".

Bien entendus, Bonaparte (puis Napoléon) régna quasiment avec les pleins pouvoirs mais le terme de Despote éclairé ou de Dictateur de salut public est celui qui le caractérise le mieux.Car malheureusement, de nos jours, peu de personnes savent faire la différence entre la Dictature "Césarienne" et la Dictature synonyme de tyrannie comme celle de 1793-1795 ou encore le règne de Louis XIV (Dragonnades).

Pour prendre un exemple parmi des centaines d'autres ; sous le Consulat, des Chouans Bretons massacrèrent dans des circonstances abominable l'évêque constitutionnel du Morbihan. On réclama des mesures immédiates et draconiennes. Cette affaire fût évoquée au conseil d'état, Bonaparte fit la déclaration suivante :
"On voudrait, pour venger l'assassinat d'un prêtre, me porter à proscrire en masse une classe de la société, m'engager dans des rigueurs et des mesures révolutionnaires. Je ne le veux pas ; je ne veux que des lois : elle doivent suffirent à la répression de tous les crimes".

Malgré les menaces d'attentats, la complexité des négociations diplomatiques, les problèmes politiques, les sujétions quotidienne du pouvoir, l'effort d'improvisations, il poursuivi avec une ardeur sans pareille la pacification intérieure et l'organisation administrative de la Nation.

J'ai dit plus haut que le régime Napoléonien ressemblait de beaucoup au régime "Césarien", car en effet, on constate plus qu'un parallélisme entre César et Napoléon : on constate une identification parfois totale.
(au passage je précise que Napoléon avait voulu écrire un livre sur César mais ce projet n'a pas eu de suite... heureusement Napoléon dicta à Marchand (à Saint Hélène) un superbe, un très remarquable précis des guerres de César, ce précis est en fait une vie de César, une biographie...).

Tout au long de sa carrière il n'est pas exagéré de dire que "l'Imperator" était son modèle, en effet, si nous lisons le Précis des guerres de César (ou même un livre d'un brillant historien de notre époque) on s'aperçoit que lorsque le Sénat donna le pouvoir perpétuel à César ce dernier en usa à « la rédaction du Code civil, criminel, pénal.
Il fit dresser des projets pour embellir Rome de plusieurs beaux édifices
Il fit travailler à la confection d'une carte générale de l'Empire ainsi qu'une une statistique des provinces... »
Vis-à-vis de ses adversaires, comme les partisans de Pompée celui-ci pratiqua le pardon, il leur confia de hautes charges.
Napoléon souligna "qu'il ne faisait rien que par un décret du Sénat, les magistrats étaient nommés par le peuple et, s'il s'arrogea la réalité du pouvoir, il avait laissé subsister les formes républicaines »
Il dicta aussi que « après les proscriptions de Marius et de Sylla, la violation des lois par Pompée, cinq ans de guerres civiles, un aussi grand nombre de vétérans établis en Italie attachés à leurs généraux, attendant de la grandeur de quelques hommes et rien de la République, dans un tel état de choses, ces assemblées délibérantes ne pouvaient plus gouverner, César était donc la suprématie de Rome sur l'Univers et faisait la sécurité des citoyens de tous les partis".

Maintenant, je vais en revenir aux « points commun entre Napoléon et César », lorsque le Sénat donna le pouvoir perpétuel à Napoléon, ce dernier en usa à :
-L'instauration du Code civil, pénal, criminel, de procédure civil, du commerce...
-Embellissement de Paris avec : l'Arc de triomphe de l'étoile et l'Arc de triomphe du Carrousel, colonne Vendôme, Bourse de Paris, Halle aux Vins de Paris sans parler de la percée de la rue de Rivoli, ou de la distribution des eaux et sans parler des nombreux travaux entrepris dans toute la France et l'Empire.
-Napoléon pratiqua le pardon avec les émigrés en les nommant à des postes importants, ce qui a permis d'effacer le passé et d'unifier l'opinion.
-Napoléon ne faisait rien que par décret du Sénat, que par Sénatus- Consulte.
-Napoléon en s'arrogeant la réalité du pouvoir laissa subsister les principes républicains.
-Tout comme César, Napoléon pratiqua une politique de réconciliation nationale.
On pourrait encore citer des dizaines voir des centaines d'autres exemples mais je me contenterais de souligner que les plus importants.

Analyse du régime politique de Napoléon Bonaparte :

On peut dire que le Consulat (c'est la dernière forme de gouvernement de la Première République) et le Premier Empire forment un régime politique autoritaire dont le mode de gouvernement est qualifiée de monocratie, c'est à dire qu'une seule personne exerce le pouvoir, cependant Napoléon n'a pas remis en cause le principe de la séparation du pouvoir (trois pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire) mise en place par la Révolution française mais le pouvoir législatif est très affaiblit car il est divisé en trois assemblées et chacune à une fonction propre donc elles ne partagent pas les mêmes compétences (le Tribunat : discutions de la loi, le Corps Législatif : vote de la loi et le Sénat : contrôle de la constitutionnalité de la loi) , de plus l'initiative et la rédaction des lois n'appartient pas au pouvoir législatif mais à l'Empereur par le biais du Conseil d'Etat.Donc le régime politique de Napoléon est caractérisé par une grande puissance du pouvoir exécutif au détriment du pouvoir législatif.Ce régime politique est ce que l'on peut appeler une dictature car le pouvoir exécutif est très puissant et il y a un déséquilibre des pouvoirs mais c'est une dictature de salut public ou à la romaine.

En effet à l'époque de la Rome antique, dans les grands périls, toutes les libertés étaient suspendues et le pouvoir remis à un sauveur ou à un dictateur.
Ce fut le même cas pour la République française qui après la période tyrannique de la Convention caractérisé par la Terreur et l'affaiblissement du gouvernement et de l'Etat sous le Directoire.La France connait une situation intérieure difficile (divisions religieuses, inflation galopante, insécurité des villes et des campagnes) et une guerre incertaine et sans fin.L'idée du sauveur de la République et des principes de la Révolution s'impose.Grace à sa popularité, Bonaparte est considéré comme celui qui peut sauver la France.Et en effet au lendemain du coup d'état du 18 Brumaire qui renversa le Directoire très impopulaire, toute la France est satisfaite et voit en Bonaparte celui qui a sauvé la République et les principes de la Révolution et qui peut continuer à protéger la République en réorganisant le pays et en défendant ce dernier contre les monarchies européennes.C'est en dictateur de salut public que se présente donc Bonaparte.

En 1804, la monarchie impériale (qui est une sorte de monarchie constitutionelle car Napoléon Ier est un empereur qui voit ses pouvoirs limités par une constitution) apparait comme une perpétuation de la dictature de salut public dont on se soucie d'assurer la continuité en cas d'accident (que va devenir la République et les principes de la Révolution si Napoléon Bonaparte venait à se faire assassiner ?).Il s'agit d'éviter le vide du pouvoir qui aurait pour effet de favoriser une restauration des Bourbons, pour cela l'hérédité du pouvoir de Napoléon en est une solution, la monarchie impériale(on pourrait l'appeler une dictature couronnée) est une forme de gouvernement qui assure la durée des conquetes de 1789.La forme monarchique permet de surcroit au dictateur de discuter sur un pied d'égalité avec les souverains de l'Europe.Cette monarchie impériale a été proposée et acceptée par les chambres : le Tribunat, le Corps législatif et le Sénat.Puis il fut soumis à la ratification du peuple par un plébiscite (tout comme le fut pour le Consulat et le Consulat à vie) auquel le "oui" remporta une victoire écrasante.Puis avec le sacre, Napoléon souhaite aussi que sa légitimité repose sur l'Eglise.

Donc Napoléon est un chef d'État représentant à la fois le consensus politique d'une nation et un monarque choisi et protégé par la grâce de Dieu.On a donc une dictature invoquant des légitimités contradictoires : le suffrage universel et l'hérédité, tel apparait l'Empire.
Cette dictature fondée sur le charisme d'un individu plutot que véritable monarchie.Napoléon est au yeux de l'opinion française comme de l'Europe, l'héritier de la Révolution.Cependant à partir de 1808, l'Empire deviendra de plus en plus autoritaire et son Empereur de plus en plus despotique.En effet Napoléon ressemble de plus en plus à un monarque absolu (sans que les principaux principes de 1789 comme l'égalité, la propriété et certaines libertés ne soient remises en cause), la République Française (qui déjà en 1804 n'avait plus que le nom) prendra le nom d'Empire français à partir de 1809 (pour les pièces de monnaie par exemple) espérant que les monarchies d'Europe l'acceptent comme l'un des leurs et souhaitant être légitime à leurs yeux (terrible erreur car les souverains de l'Ancien régime ne le reconnaissait toujours pas et ce changement provoqua un mécontentement en France : en essayant de se faire accepter par les autres, Napoléon commença à être rejetés par ceux qui l'avaient acceptés comme le défenseur des acquis de la Révolution).On peut dire quer les ambiguités des idées et de la politique de Napoléon qui oscillait entre ceux de l'Ancien Régime et ceux de la Révolution sont l'une des causes de sa chute.

Le despotisme est une forme de gouvernement où l'autorité est exercée par un individu qui règne avec un pouvoir politique absolu, et de manière abusive au regard des lois.
La tyrannie est un régime où seul l'intérêt du tyran compte.Le tyran se sert des sujets de façon abusive afin de satisfaire son propre intérêt, et non pour le bien commun.
Le despotisme et la tyrannie ne doivent pas être confondues avec la dictature qui est un régime légal dans lequel les pleins pouvoirs sont confiés exceptionnellement à un général ou à un magistrat, lorsque l'État est en péril ou en guerre.
En résumé on peut dire que le régime de Napoléon est une dictature de type césarisme : régime politique inspiré du gouvernement de type monarchique que voulait imposer Jules César à Rome, où le pouvoir est concentré entre les mains d'un homme fort, chef militaire charismatique, appuyé par le peuple.Le chef s'assure de l'aval du peuple à chaque opération politique majeure, en détournant des procédés de démocratie semi-directe, tels que le référendum, pour en faire des plébiscites (plébiscites napoléoniens).Les apparences démocratiques cachent alors la réalité du césarisme : la confusion des pouvoirs au profit d'un organe incontrôlé, définition même de l'autoritarisme.

Voici un article qui prouve bien que l'Empereur Napoléon était un homme de paix :

Napoléon, un homme de paix

Doit-on dire Guerres Napoléoniennes?

Napoléon est-il un tyran sanguinaire ?
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#Posté le vendredi 26 décembre 2008 13:14

Modifié le mardi 27 mars 2012 12:43

L'Empire entre monarchie et dictature

L'Empire entre monarchie et dictatureL'Empire entre monarchie et dictature

On n'a pas fini de s'interroger sur la nature du pouvoir napoléonien. Que fut-il au juste ? Une dictature ? Une monarchie ? Un régime hybride ? Quel type de dictature a-t-il représenté ? S'il fut une monarchie, a-t-elle été parlementaire, absolve ou éclairée ? Essayons d'y voir clair.


Une dictature ?


Au départ un coup d'État mais justifié par les carences de la constitution de 1795 qu'il était impossible de réviser par la voie légale, ses auteurs ayant prévu un délai de neuf ans entre l'initiative d'une réforme et la réforme elle-même. C'est donc tout naturellement que Sieyès fait appel à un militaire (il avait d'abord songé à Joubert puis à Moreau) pour intimider les deux assemblées, les obliger à proclamer la constitution de l'an III renversée et à en accepter une nouvelle, cru Sieyès, destinée à sauver la République.
Sieyès s'est-il arrêté à l'idée d'une dictature provisoire ? L'idée était dans l'air et déjà Marat l'avait revendiquée en 1793. Fabre d'Olivet affirme dans ses souvenirs que les Jacobins purs et durs avaient proposé la dictature à Bernadotte mais celui-ci souhaitait la tenir de la représentation nationale.
La dictature de Bonaparte est accidentelle : elle est la conséquence de sa maladresse et de son désarroi au conseil des Cinq Cents. L'opération parlementaire de Sieyès est compromise : il faut faire donner la troupe alors que celle-ci n'avait qu'un rôle d'intimidation. Dès lors le vrai patron du coup d'État cesse d'être Sieyès pour devenir Bonaparte, un général. De parlementaire le coup d'État devient militaire.

L'accusation de dictature militaire est donc lancée contre le Consulat. En fait, rien ne permet de l'étayer. Bonaparte affirme avec constance la supériorité du civil sur le militaire. Quelques citations : « Nous sommes trente millions d'hommes réunis par les lumières, la propriété, le commerce ; trois ou quatre cent mille militaires ne sont rien auprès de cette masse », ou encore : « Les soldats ne sont que les enfants des citoyens. L'armée c'est la nation ». Thibaudeau rapporte un propos de Bonaparte au conseil d'État : « Je n'hésite pas à penser, en fait de prééminence, qu'elle appartient incontestablement au civil ».
Certes il faut faire la part de l'opportunisme au temps du Consulat : le souvenir du terrible comité de Salut public qui n'hésitait pas à faire guillotiner ses généraux est encore tout frais. Mais rien dans les faits ne permet de parler de dictature militaire. Bien au contraire, beaucoup de généraux complotèrent contre le régime et furent exilés dans des ambassades lointaines. Les généraux n'occupent pas les ministères et les rares officiers envoyés dans des préfectures sont fatigués ou à la retraite. La section guerre au conseil d'État n'a qu'un rôle consultatif. Il n'y a pas une caste militaire contrôlant tout, du pouvoir à l'économie, Assurément la guerre donne au régime une imprégnation militaire : exaltation du chef, stricte discipline, propagande belliciste et monuments guerriers, Mais rien de comparable à une dictature sud-américaine.

Peut-on parler d'un despotisme éclairé tant à la mode en cette fin du XVIIIe siècle ? Ce fut en effet l'époque où un souverain décidait de faire le bonheur de son peuple sans lui demander son avis et souvent même en le brusquant, En fait, les réformes du Consulat s'imposaient d'elles-mêmes et étaient souhaitées, Le Premier Consul agit en accord avec le peuple grâce à la pratique du référendum, Bonaparte remet ainsi son pouvoir en jeu, Cet usage du référendum est contraire à l'esprit même du despotisme éclairé qui tient le peuple pour incapable de comprendre ce qui assurera son bonheur.
Bonaparte est-il un tyran à la façon d'un Caligula ? Se comporte-t-il en homme dont les fantaisies ne sont bridées par aucun obstacle ? Nullement, malgré les affirmations des pamphlets qui suivirent la chute de l'Empire, s'efforçant de créer une légende noire. Bonaparte doit tenir compte de la constitution. Les assemblées ont - en théorie - un rôle de contre-poids même s'il ne faut pas exagérer cette influence comme l'a fait Pietri dans Napoléon et le Parlement.
Il serait plus juste de parler de « dictature de salut public » à la romaine. Napoléon ne manquera pas de le rappeler à Sainte-Hélène : « Lorsque je me mis à la tête des affaires, la France se trouvait dans le même état que Rome lorsqu'on déclarait qu'un dictateur était nécessaire pour sauver la République. Tous les peuples les plus puissants de l'Europe s'étaient coalisés contre elle. Pour résister avec succès, il fallait que le chef de l'État pût disposer de toute la force et de toutes les ressources de la nation ».

Le Premier Consul redresse une situation désespérée : pacification religieuse grâce au concordat de 1801, rétablissement financier (Banque de France, franc-germinal), réformes administratives (loi du 28 pluviôse an VIII créant les préfets), victoires à l'extérieur mettant fin à dix ans de guerre. Certes, comme on tend à le montrer aujourd'hui, cette réussite a bénéficié de certaines mesures et des victoires du Directoire ; reste que Bonaparte apporte une solution, ce que n'avait pu faire le Directoire, aux problèmes hérités de la Révolution.

L'empire de 1804 est la continuation de cette dictature ; l'empire héréditaire n'est que la perpétuation de la dictature de salut public face aux dangers intérieurs (la conspiration de l'an XII) et extérieurs (la troisième coalition). La dictature romaine avait une durée limitée, celle de Bonaparte avait bénéficié au départ d'un délai plus long (dix ans) mais elle restait circonscrite dans le temps. Désormais, elle n'a plus de limites mais n'en est pas moins une dictature.
De là les ambiguïtés du nouveau régime. Le terme de « République » est conservé sur les monnaies jusqu'en 1808, le calendrier républicain ne disparaît qu'en 1806. L'hymne officiel est :
« Veillons au salut de l'Empire ;
Veillons au maintien de nos droits.
Si le despotisme conspire,
Conspirons la perte des rois ! ».

Dans la cérémonie du sacre, la messe a moins d'importance que le serment par lequel Bonaparte s'engage à défendre les conquêtes de la Révolution. Un référendum a d'ailleurs sanctionné l'établissement de l'Empire.
Au demeurant, l'hérédité n'a pas grand sens puisque le nouvel empereur n'a pas d'enfant et que Joséphine répand la rumeur qu'il est incapable d'en avoir, Il s'agit surtout d'éviter dans l'immédiat le vide du pouvoir qui aurait pour effet de favoriser une restauration des Bourbons, perspective qui terrifie les anciens conventionnels depuis la menaçante proclamation de Louis XVIII à Vérone, après la mort officielle de Louis XVII. Ainsi une continuité serait maintenue en cas d'accident ou d'attentat réussi contre Bonaparte.
On reste dans le provisoire faute de trouver une solution qui assurerait l'héritage de la Révolution.


Une monarchie ?


Ce n'est que chez les historiens romains que Cincinnatus, après avoir sauvé la République, retourne à sa charrue.

À partir de son mariage avec Marie-Louise, en 1810, Napoléon, devenu le neveu de Louis XVI et de Marie-Antoinette, et le gendre d'un Habsbourg, tente de transformer sa dictature en point de départ d'une nouvelle dynastie.
Les signes d'une telle évolution étaient perceptibles dès 1804 sous l'impulsion d'un courant néo-monarchiste qui allait de Fontanes à Fievée. Le premier roi ne fut-il pas un soldat heureux ? Pourquoi ne pas créer une dynastie qui tournerait la page de l'Ancien Régime ? On voit reparaître dans une cour qui copie les vieux usages les plus grands noms de la noblesse. Dans une note du 14 juin 1810 - l'Empereur n'emploie-t-il pas le mot honni de « privilège » ?
En 1811, la naissance du roi de Rome donne enfin à la notion d'hérédité tout son sens. Napoléon peut parler de IVe dynastie. Jusqu'alors, la propagande avait surtout exalté le sauveur, l'homme providentiel, à travers tableaux, estampes, médailles, journaux et bulletins de la Grande Armée. Désormais, le glissement s'opère vers une famille. Une enquête est lancée sur la question de savoir si « l'histoire glorieuse de la IVème dynastie » est bien enseignée dans les lycées. Après les Mérovingiens, les Carolingiens et les Capétiens, voici les Bonaparte. Ceux-ci ne sont-ils pas alliés aux Habsbourg ?

Une dynastie ne s'impose qu'avec le temps. C'est ce qui a manqué à Napoléon. Il continue à être perçu comme un dictateur, en France même. La terrible affaire Malet, en octobre 1812, souligne cruellement l'échec du projet dynastique. Ni les soldats ni les fonctionnaires, apprenant la mort de Napoléon Ier, ou prétendue telle, ne réagissent en criant« Vive Napoléon II ». C'est qu'il n'y a pas de Napoléon I" ; il y a Napoléon. Un dictateur dont la mort ouvre la voie à tous les reniements ou du moins à toutes les prudences. En 1814, personne ne se soucie du roi de Rome, et pas davantage en 1815. « Ce diable de roi de Rome, on l'oublie toujours », avouait Frochot pour justifier sa pitoyable conduite dans l'affaire Malet. « Je le connais mais ne le reconnais pas », déclare tranquillement Talleyrand apercevant l'enfant à Vienne.

Dans cette absence de distinction entre l'Empereur et un dictateur, il faut faire intervenir le comportement de Napoléon lui-même. Il prend toutes ses décisions sans consultation et n'essaie pas d'imposer une monarchie constitutionnelle, à l'anglaise, qui eût été très populaire. Il se comporte en monarque absolu de droit divin, d'où la nouvelle importance du sacre. Ce n'est qu'à Sainte-Hélène qu'il parlera - mais trop tard - d'une monarchie parlementaire s'appuyant sur les nouvelles élites.
L'idée de succession est-elle écartée après la chute de l'Empire ? Nullement et cette succession continue à être régie par la loi salique. Joseph, l'aîné, qui aurait dû avoir le trône et auquel on a confié, pour régulariser, la couronne d'Espagne, n'a que des filles. Lucien a été écarté de la succession pour cause de mariage condamné par son frère. Jérôme, plus habilement, a su faire amende honorable mais Louis passe devant lui. Il a trois fils : Napoléon-Louis-Charles meurt en 1807, Napoléon-Louis en 1831. C'est Louis-Napoléon qui deviendra Napoléon III. Mais, curieusement, ce dernier passera d'abord par la présidence de la République, comme son oncle avait d'abord été Premier Consul. Comme le premier des Napoléonides, Louis-Napoléon, dans une République vouée à l'anarchie et au désordre (les journées de juin 1848 ont terrorisé tous les propriétaires) prend dans un premier temps figure de sauveur plutôt que d'héritier légitime d'un trône comme Louis XVIII en 1814. N'est-ce pas le prince lui-même qui note : « Dans toutes mes aventures, j'ai été dirigé par un principe. Je crois que, de temps en temps, des hommes sont créés, que j'appellerai providentiels, dans les mains desquels les destinées de leur pays sont remises. Je crois être moi -même un de ces hommes. Si je me trompe, je peux périr inutilement. Si j'ai raison, la Providence me mettra en état de remplir ma mission ». Ce n'est pas au titre de sa naissance que s'impose Napoléon III, mais par un coup d'État qu'approuve une large partie de la population. Toujours la sanction populaire. Et la défaite de Sedan ne permet pas de transmettre la couronne impériale à Napoléon IV. La succession n'est pas automatique, comme c'était la règle (pas toujours suivie) sous l'Ancien Régime.


Un courant politique ?


De Louis-Napoléon Bonaparte, Guizot disait : « C'est beaucoup d'être à la fois une gloire nationale, une garantie révolutionnaire et un principe d'ordre ». Ce qui va en effet porter Louis-Napoléon, c'est en effet une doctrine qui avait manqué au premier des Napoléonides : le Bonapartisme. Certes Bonaparte pouvait faire référence à César (et Lucien ne s'en privera pas dans son fameux Parallèle) mais le neveu dispose lui d'une doctrine cohérente. Elle repose sur le Mémorial de Sainte-Hélène paru en 1823. Las Cases a-t-il arrangé les propos de Napoléon dans un souci de propagande ? C'est probable. Le Mémorial n'en offre pas moins quelques idées fortes.

Le Bonapartisme c'est le retour à l'ordre au sortir de l'anarchie. C'est ce que Napoléon explique à Las Cases et que reprend Louis-Napoléon : « Mon nom est le gage du pouvoir fort et stable, de la bonne administration ».
Ce principe d'ordre fait bon ménage avec un programme libéral. Napoléon n'affirme-t-il pas devant Las Cases : « Rien ne saurait désormais détruire ou effacer les grands principes de notre Révolution. Ces grandes et belles vérités doivent demeurer à jamais tant nous les avons entrelacées de lustre, de monuments, de prodiges... Voilà le trépied d'où jaillira la lumière du monde. Elles le régiront ; elles seront la foi, la religion, la morale de tous les peuples, et cette ère mémorable se rattachera quoi qu'on ait voulu dire, à ma personne, parce qu'après tout j'ai fait briller le flambeau, consacré les principes, et qu'aujourd'hui la persécution achève de m'en rendre le Messie ».
Autre point du programme : l'unification des peuples. Évoquant l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, Napoléon déclare à Las Cases : « J'eusse voulu faire de chacun de ces peuples un seul et même corps de nation. C'est avec un tel cortège qu'il eût été beau de s'avancer dans la postérité et la bénédiction des siècles ».
Dernier principe : la gloire militaire. Elle imprègne le Mémorial et ne devait pas cesser de faire rêver.
Le Mémorial a été lu et médité et finalement trop pris au pied de la lettre par Louis-Napoléon. Celui-ci a souhaité le compléter en développant la théorie du césarisme démocratique dans Des idées napoléoniennes, en 1839. Il y ajoute une dimension sociale avec sa brochure sur L'extinction du paupérisme, en 1844. Il écrit : « La classe ouvrière ne possède rien, il faut la rendre propriétaire. Elle est comme un peuple d'ilotes au milieu d'un peuple de sybarites. Il faut lui donner une place dans la société et attacher ses intérêts à ceux du sol ».

À la question « dictature ou monarchie ? », vient se superposer le conflit inévitable entre une tendance conservatrice et une tendance sociale. Le Bonapartisme est-il de droite ou de gauche ? Un certain Bonapartisme s'appuie sur les notables et l'Église, un autre se veut populaire et anticlérical. Ces ambiguïtés ont servi Louis-Napoléon dans sa conquête du pouvoir en 1848, elles sont à l'origine de la chute du Second Empire en 1870.

source : Fondation Napoléon

 
1ere image : Napoléon, Premier Consul en 1803
2ème image : Napoléon, Empereur en 1813
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#Posté le mardi 07 juillet 2009 13:01

Modifié le samedi 30 juillet 2011 12:34

La légende Napoléonienne

La légende NapoléonienneLa légende Napoléonienne

La Légende Napoléonienne s'est constitué pour célébrer et glorifier les actions de Napoléon Bonaparte et en faire l'objet d'un mythe ou d'un culte.En effet, peu d'hommes dans l'Histoire de l'Humanité ont suscité autant de haine et d'admiration, et parfois même les deux mêlées.Dès les origines de sa carrière militaire en Italie ou les débuts de sa carrière politique en prenant le pouvoir par le coup d'État du 18 Brumaire, Napoléon s'est inscrit dans l'Histoire et la mémoire des hommes à travers un destin mouvementé et exceptionnel.
Son ascension fulgurante, sa gloire française puis européenne obtenue par des conquêtes militaires victorieuses, l'ampleur inédite des dernières déroutes ainsi que ses deux exils ont fait de ce personnage majeur de l'Histoire de France et de l'Europe un homme de légende, tout au long des siècles qui ont suivi son parcours.
La légende napoléonienne est telle que certains donnent à l'Empereur un caractère messianique, que ce dernier n'a pourtant jamais véritablement revendiqué.Ainsi, Élie Faure, dans son ouvrage « Napoléon », le compare à un prophète des temps modernes.
Il y a d'abord l'épopée du personnage, certainement l'une des plus grandes aventures humaines, militaires, politiques de l'histoire.Mais certains évènements plus précis que l'épopée en général, peuvent être évoqués pour tenter d'expliquer le mythe de Napoléon.
Sa mort, par exemple, reste mystérieuse et est propice à l'invention de rumeurs, qui ne font qu'entourer la vérité historique de mensonges, qui eux-même ont certainement fait naître une certaine légende napoléonienne.En effet depuis la mort de l'Empereur, le 5 mai 1821, la thèse officielle selon laquelle Napoléon serait mort d'un cancer de l'estomac, est contredite par différentes versions.Certains estiment que le personnage se serait échappé de l'île de Saint–Hélène. Cependant, depuis quelque temps la thèse de l'empoisonnement a fait du chemin, de l'arsenic minéral, plus connu sous le nom de « mort aux rats », aurait été retrouvé dans des cheveux de Napoléon.Selon certains, cet arsenic proviendrait d'aliments ingurgités par l'Empereur.L'empoisonnement serait donc tout à fait plausible. Mais pour d'autres, au temps de Napoléon l'arsenic servait à la conservation des cheveux, ou était employé pour nettoyer les cuves de vin. La question reste donc entière et participe au mythe napoléonien.

Source : Wikipédia

Napoléon Ier et la Légende Napoléonienne
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#Posté le dimanche 18 janvier 2009 09:04

Modifié le jeudi 01 décembre 2011 12:39

Ses archives (70)

  • L'Empire de Napoléon Ier en 1811 jeu. 25 décembre 2008
  • Les Institutions de Napoléon Bonaparte mer. 24 décembre 2008
  • Rencontre de Napoléon Ier et du tsar Alexandre Ier à Tilsit (25 juin 1807) mer. 24 décembre 2008
  • Quatrième Coalition : Campagne de Pologne : la victoire de Friedland (14 juin 1807) mer. 24 décembre 2008
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